Les lectures toquées du Chapelier fou: Jane Eyre de Charlotte Brontë

Posté le 12 juin 2015

 

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Résumé: A la mort de ses parents, Jane est recueillie par son oncle Reed, le frère de sa mère. Lorsqu’il meurt, Jane est confrontée à la haine de sa tante qui décide de l’envoyer alors à peine âgée de 10 ans à Lowood, une école de charité dirigée par l’implacable Brocklehurst réputé pour son extrême rigueur. Après huit ans de privations passés à Lowood, Jane Eyre passe une annonce et trouve une place de gouvernante chez Edward Rochester, le propriétaire de Thornfield-Hall.

Sans prétention, je me lance dans une chronique sur un très grand roman de la littérature classique anglaise. 

J’ai beaucoup aimé ! Bien  plus que Les Hauts de Hurlevent, que je  n’avais pas terminé. En effet, le caractère du personnage Jane est compliqué, très tiraillé, empli de plusieurs sentiments. C’est un personnage complexe que l’on ne comprend pas toujours mais auquel au prend plaisir à découvrir. Son histoire est plutôt triste et injuste ce qui nous donne de la pitié pour cette petite Jane aux airs fragiles. On aime son coeur pur qui aime bien faire, on aime aussi l’univers dans lequel elle évolue, froid et étrange. Voire même surnaturel. Un univers tout à fait romantique avec ses paysages de ruines et de châteaux. Chaque personnage a sa psychologie propre, leurs sentiments bien à eux, on se laisse croire qu’ils existent car ils sont très réalistes, et pourtant  c’est bien une fiction. Cette Jane est forte est  courageuse, face à ces sentiments et cette société injuste. L’auteur s’ouvre sur le « moi » de ses personnages, ce qui rend le roman très intéressant et intelligent ! Jane est une femme avec du répondant, ce qui est original pour l’époque, elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, même devant les hommes. Elle a de la réflexion et ne se laisse pas avoir, elle n’écoute pas seulement ses sentiments, ce qui est très honorables. L’auteur a un style et un vocabulaire riche qui nous emporte et nous fait rêver. Les paysages et la manière dont elle décrit les visages montrent sa sensibilité et son amour du détail, à notre plus grand bonheur ! 

 » J’appris que Miss Temple à son retour dans sa chambre au petit matin m’avait retrouvé dans le petit lit,le visage contre l’épaule d’Helen Burns, les bras autour de son cou. Je dormais et Helen était morte »

« Il m’arrivait de regretter de ne pas être plus belle; il m’arrivait de souhaiter avoir des joues roses, un nez droit et une petite bouche vermeille; j’aurais voulu être grande, majestueuse et bien faite, je ressentais comme une calamité le fait d’être si petite, si pâle et d’avoir les traits si irréguliers et si accusés. »

L’intrigue est curieuse et séduisante, voire même surprenante et incroyable ! Les rebondissements sont saisissants et on ne s’y attend pas toujours. C’est grâce au style de l’auteur que Jane est « réelle », en effet, en faisant parler le protagoniste, et lui faisant faire des apartés avec le lecteur, on se laisse vite prendre au jeu ! L’histoire d’amour au travers de ce chef-d’oeuvre est parfaite et remarquable ! Jane est un personnage fort, sûrement celui qui m’aura le plus marqué parmi les personnages féminins de la littérature du XIXe siècle. La poésie et les images de l’auteur m’ont subjugué et m’ont faite voyager à travers cette Angleterre à la température glaciale, ces pièces froides réchauffées par les feux de cheminées, les couleurs sombres du roman… Tout m’a emporté et plu ! Je recommande ce roman.  

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